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Ce blog est le résultat de mes recherches sur les morts du canton de Saint-Gervais-d'Auvergne. J'ai travaillé à partir des monuments aux morts, de mémoires des hommes, de mémorialgenweb, des archives départementales et de l'état-civil des communes. Ce blog à pour but, grâce à votre participation, de servir à collecter tous documents pour une exposition.

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Fiche PAYRARD Annet

A la mémoire de:

Annet PAYRARD

 

Etat Civil et Généalogie :

Né le 6 juillet 1882, au Mont, commune de Saint-Julien-la-Geneste. Marié à Saint-Priest-des-Champs, avec Marguerite MARTINON. Fils de Gilbert, né le 27 juillet 1837 à Saint-Julien-la-Geneste, et d’Anne CHARDONNET, née le 8 septembre 1848 à Saint-Gervais-d’Auvergne, mariés le 12 février 1768 à Saint-Gervais, cultivateurs au Mont.

 

Service Militaire :

Soldat. Classe 1902.

Matricules : 1765 au recrutement de Riom ; 13728 au corps.

Contre l’Allemagne, du 2 août 1914 au 20 juin 1915.

 

Mobilisé, le 2 août 1914, au 217e Régiment d’Infanterie de Lyon-Epinal.

 

Tué à l’ennemi, le 20 juin 1915, au combat de la Côte 303 à l’Est de Reillon (Meurthe-et-Moselle.

 

L’acte a été transcrit à Saint-Julien, le 23 novembre 1915.

Il est porté sur les monuments de Saint-Julien et de Saint-Priest.

 

Sépulture :

 

Fiche Mémoires des Hommes :

Payrard-Annet-SJ.jpg

 

 

 Voir le JMO du 217e RI

 

Informations prises sur Mémoire des Hommes, journaux des unités.

Journal des marches et opérations du 217e Régiment d'Infanterie, période du 21/05/1915 au 31/03/1916 - Dossier 26 N 717/6, pages 13 à 25.

 

Reillon-217e.JPG 

Nuit du 19 au 20 juin 1915, attaque et occupation de la croupe 193,7, ancien observatoire allemand.

En exécution de l’ordre d’attaque de M. le Lt-Colonel Bluzet, Commandant le 223e Régiment d’Infanterie, le Bataillon Villemin forme la colonne d’attaque de droite, il a pour mission d’attaquer et d’occuper la hauteur cotée 293,7, saillant de la ligne allemande.

Rassemblé à la tête du ravin du Patis, face Nord-Nord-Est, il est placé le 19 juin à 21h 30, face à son objectif, en colonne double ; chaque colonne reçoit un peloton du 37e Territorial pour le transport des réseaux de fils de fer Brun ; au centre de la formation, un détachement du génie (20 hommes) porte des charges allongées de mélinite pour l’exécution d’une brèche centrale.

A 22 heures, le Commandant du 223e donne téléphoniquement le signal de l’attaque.

De 22h 20 à 22h 35, bombardement par l’artillerie de la position 400 mètres au Sud-Est du carrefour à l’Est de Reillon. A partir de 22h 30, l’artillerie allonge son tir pour arrêter tout mouvement des réserves vers le front indiqué. Le Bataillon Villemin en profite pour se rapprocher à 200 mètres de son objectif.

A 22h 35, le Bataillon se lance vers son objectif ; au centre opère le détachement du génie, la colonne de droite se dirige 200 mètres à l’Est de l’Observatoire, la gauche 200 mètres à l’Ouest.

A 22h 45, après une marche silencieuse, sous le feu des sentinelles et du poste d’écoute, 3 brèches, 3 hurrahs !

Les éléments de première ligne, suivis immédiatement des éléments de deuxième ligne, franchissent les brèches aux cris de  « en avant » et en chantant la Marseillaise, les clairons sonnent la charge. Le poste allemand, environ 50 hommes, surpris est fait prisonnier presque en totalité.

Les Compagnies de première ligne se portent en couverture à 400 mètres en avant, celles de 2e ligne, munies d’outils, organisent la position. La Cie Territoriale porte les réseaux Brun à pied d’œuvre, à 50 mètres en avant du tracé exécuté rapidement par les capitaines de la 2e ligne. Le génie complète les destructions et élargit les brèches (350 mètres), des fractions spéciales observent les boyaux de communication qui vont sur Gondrexon.

A 2 heures, le 20 juin, le travail d’organisation est interrompu, à ce moment les réseaux Brun sont jointifs sur 3 éléments, les tranchées sont creusées de 80 cm à 1 mètre. La liaison est assurée, à droite, avec le point d’appui VI (cote 297), à gauche, avec la colonne d’attaque du centre. Une garnison de sureté (19e Compagnie Capitaine Bollon et 1 section de la 20e Compagnie) occupe les positions conquises.

Pertes :           

Tués :              6 hommes, dont un adjudant-chef

Blessés :          2 officiers grièvement, 2 s/officiers mortellement, 29 hommes

Prisonniers :    29 non blessés et blessés

Disparus :        Néant

 

6e Bataillon – Le Bataillon Jungbluth, Commandant le point d’appui VI, doit au cours de la nuit maintenir l’inviolabilité de la ligne des Grand’ Gardes et couvrir à droite la colonne d’attaque de droite (Bataillon Villemin du 217e).

La 22e Compagnie (Capitaine Barthe), désignée pour assurer cette couverture, franchit le réseau de fils de fer à 21h 40 ; à 22 heures elle arrive, sans coup de feu, à son emplacement, assure sa liaison à droite et à gauche et assiste au combat de préparation de notre artillerie sur la position 293,7 (Cote 303 de la carte).

Vers 22h 50, vive fusillade entre la couverture et les tranchées ennemies ; la compagnie peut maintenir ses positions ; vers 23 heures 30 elle diminue d’intensité et le travail peut se continuer normalement, pour le détachement de travailleurs, qui a suivi la Compagnie de couverture, et qui porteurs de fils de fer, doit relier immédiatement le long du chemin 297-303 le point d’appui VI au réseau allemand conquis. A 1h 50, notre artillerie tire sur le Bois Noir pour permettre à la Compagnie de couverture de se dégager et reprendre ses emplacements de jour. Perte : 1 homme blessé.

 

Journée du 20 juin, défense du point d’appui conquis 293,7 (Cote 303).

Le 20 juin, de 2 heures à 10 heures, violent bombardement de la position 293,7 par du 77 et du 150.

A 8 heures, une Compagnie allemande débouche du Bois Noir et par petits groupes, côtoyant les fils de fer non détruits, s’infiltre vers le point d’appui, couverte par des groupes en position qui tirent en permanence. Notre artillerie tire efficacement sur cet objectif et la 20e Cie (moins 1 section) vient s’établir face à l’Est, en arrière de la cote 303, pour renforcer la garnison du point d’appui.

Vers 8h 30, une compagnie allemande, couverte par de petites patrouilles très mordantes, s’infiltre dans les vallons à 800 mètres Sud-Ouest de Gondrexon. Notre artillerie, par un tir réglé puis un tir de barrage entre Gondrexon et 303, arrête la progression de l’ennemi.

Cependant de nombreux petits groupes, rampant dans les hautes herbes, peuvent atteindre le flanc de 303 entre la 19e Cie et le Bataillon Dunsot à sa gauche, parviennent aux fils de fer et gagnent le grand boyau qui relie Gondrexon à l’Observatoire. Nos soldats sont surpris et une lutte âpre et opiniâtre, avec roquettes et grenades, s’engage dans ce boyau, profond de 2m 50, derrière des barrages improvisés.

Comme le bombardement continu et interdit l’arrivée de renforts, nous éprouvons des pertes sérieuses et le capitaine commandant la garnison de défense, inquiet sur son flanc gauche, fait appel au chef de Bataillon. Ce dernier, organise son dispositif de façon à pouvoir effectuer une contre-attaque, soit vers le Nord, soit vers le Nord-Est, au moyen de deux compagnies et d’appuyer par deux compagnies en réserve (17e et 18e) toute contre-attaque.

1ère contre-attaque – La Compagnie de l’Observatoire (14e Capitaine Bellon) à la droite de la lutte pied à pied dans le boyau et d’une fusillade très vive de 2 compagnies allemandes qui se sont infiltrées sur son flanc gauche, se repli en combattant. Elle perd trois officiers blessés, une certaine hésitation se produit, l’ennemi en profite pour s’installer dans nos tranchées. Un violent bombardement de notre artillerie rend intenable l’Observatoire et ses abords.

Vers 13 heures, ce tir cessant, la 20e Cie rallie les groupes épars et s’avance avec cohésion sur l’Observatoire pour le reprendre. Reçue par un feu très violent, elle doit se replier en combattant. Il est 13h 30.

2e Contre-attaque – Vers 14h 30, sur l’ordre du Chef de Bataillon, le 1ère Compagnie de réserve, 17e Capitaine Viala, s’avance à son tour de la vallée du Pâtis sur l’Observatoire. Elle marche avec crânerie et cohésion, en ligne de sections par 4, baïonnette au canon, couverte sur ses flancs par des groupes de repli qui se sont ressaisis et retournés. Elle progresse jusqu’à l’ancien réseau allemand, puis reçue par un feu de grenades et par une fusillade à courte portée qui décime la formation, elle se replie ; un moment après, elle reprend son mouvement offensif, mais prise encore sous le feu violent, elle recule, dissociée. Il est 15h 30.

3e contre-attaque – Sur l’ordre reçu du Général Varin, Commandant la 2e D.C., de tenir à tout prix la position 293,7 et d’essayer de briser la volonté offensive de l’Observatoire, le Chef de Bataillon prescrit à la 2e Cie de réserve, 18e Capitaine Clayette, déjà fort éprouvée dans la nuit précédente,  de contre-attaquer et de reprendre les tranchées. Des chefs improvisés rallient les éléments en retraite et forment des groupes improvisés.

Le Général met à sa disposition la Compagnie du 6e Bataillon qui est en réserve à Blemerey (23e Capitaine Cuaz) et un peloton de la 21e Cie (S/Lt Roux).

Le Cdt Villemin place sa 18e Cie au centre, flanquée à droite des éléments du 6e Bataillon, à gauche de la section de mitrailleuses Guilhem ; la section Curieux étaye le flanc droit du dispositif.

Le groupe cycliste de la 2e D.C., Capitaine Sans, mis à sa disposition également, doit se porter sur Reillon, en échelons, à l’extrême flanc gauche.

A 16 heures, le mouvement commence, malgré un feu nourri de grosse artillerie et celui de 2 compagnies et demie ennemies en position ; la contre-attaque progresse, ses éléments convergeant vers l’Observatoire. Les éléments improvisés suivent le mouvement, le claron sonne la charge.

A 17 heures, les tranchées sont reconquises aux cris de « Vive la France ! » et l’artillerie qui a largement contribué au succès de la contre-attaque échelonne son tir vers Gondrexon. Les Allemands subissent de grosses pertes. Une compagnie qui tente une contre-attaque, venant de Gondrexon, est clouée sur place par notre artillerie.

Vers 17h 45, un Bataillon du 230e, dirigé vers le flanc Nord, accentue le mouvement de retraite de l’ennemi et occupe les positions conquises. Le 21e Régiment fort éprouvé est relevé vers 22 heures.

Pertes :

            Tués :              2 officiers et 85 hommes

            Blessés :          9 officiers et 176 hommes

            Disparus :        60 hommes

            Prisonniers :    24 non blessés, 2 blessés, plus un certain matériel.

 

A la suite de cette affaire, de nombreuses propositions  de récompenses ont été établies en faveur d’officiers et de militaires, qui se sont distingués.

 

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